Tandis que l’Europe « crise », l’économie vietnamienne affiche des records de croissance!

30 mai 2012

International


On le sait l’économie européenne traverse une période compliquée : l’économie grecque s’est effondrée, l’Espagne suit la même tendance et l’Italie semble elle aussi dans une mauvaise posture. Cependant au même moment le Vietnam, pays en voie de développement marqué par plus de trente années de guerre semble afficher une bien meilleure « santé » économique ! Encore très largement handicapé par un système totalitaire, sclérosé et inégalitaire, l’économie vietnamienne réussit quand même à afficher des records de croissance ces dernières années ! Cette réussite fut rendue possible par une politique interne et étrangère très largement révisée depuis le « Doï Moï », ce mouvement de modernisation amorcé dans les années 1980.  Rappels et focus sur ces bouleversements politiques à l’origine du « boom » économique vietnamien actuel !

Une politique interne

Le 15 avril 1992, l’Assemblée nationale  du Vietnam annonce l’adoption d’une nouvelle constitution. Ce nouveau texte est le résultat d’une intense révision des organes du régime et de ses pouvoirs. Ce changement intervient alors que le Vietnam connait depuis 1986 d’importants bouleversements économiques. En effet, après près de trente années de guerre contre la France (1945-1954), les Etats-Unis (1964-1975), le Cambodge (1975-1978) et la Chine (1980-1981), le pays se remet doucement mais tout de même rapidement, entérinant de nombreux changements à l’origine du « miracle » économique actuel.  En 1986, à l’occasion du 6è Congrès du Parti Communiste, l’Assemblée nationale décide l’ouverture du pays à l’économie de marché. C’est le fameux moment du « Doï Moï »,  « doï » signifiant en vietnamien  « changer », « moï » signifiant « nouveau ». C’est donc le lancement d’une politique de « renouveau », une sorte de « perestroïka » qui ne toucherait que l’économie vietnamienne. Viendront une série de lois et de mesures visant à favoriser les échanges commerciaux entre le Vietnam et les pays étrangers. Néanmoins, cette vague de changements économiques n’a pas affecté la structure de la politique interne du pays et le régime reste le même.

Cependant quelques petits ajustements se font jour surtout avec l’arrivée du président actuel : Nguyen Minh Triet. Ce président semble être une figure nouvelle pour le Vietnam. D’abord c’est le premier président originaire du Sud du pays. Cette partition tacite entre le nord et le sud du pays, héritée surtout du moment de la guerre contre les Etats-Unis se fait encore largement sentir.

Pour les Vietnamiens, il y a deux Vietnam. Le nord, plus traditionnel, plus conservateur où se trouvent la capitale Hanoï et le siège du pouvoir politique. C’est à Hanoï que siègent les organes du PC vietnamien et c’est là que sont émises les décisions politiques qui concernent l’ensemble des provinces. Le sud quant à lui est beaucoup plus occidentalisé et ressemble davantage aux grandes métropoles asiatiques. La ville principale du sud est Hô Chi Minh City, anciennement Saïgon. C’est aussi la première puissance économique du pays.  Tandis que Hanoï est le cadre des rassemblements politiques, Hô Chi Minh City est le lieu de concentration des nouvelles technologies, des entreprises, des succursales étrangères, des richesses sous toutes leurs formes. Cette prise en compte d’un pays divisé en deux pôles est indispensable pour qui veut comprendre le fonctionnement économique et politique du Vietnam. Le président Nguyen Minh Triet représente donc cette nouvelle génération de Vietnamiens, c’est-à-dire des gens relativement jeunes, formés, qui ne veulent plus entendre parler de la guerre et qui cherchent à tout prix à participer de toutes les façons possibles à la croissance économique récente du pays.  Nguyen Minh Triet semble être aussi une personne d’un nouveau type dans le paysage politique vietnamien. Ce n’est pas un fils d’apparatchiks du parti. C’est un ancien professeur de mathématiques, entré au Parti en 1964. En 1992, il est élu chef du Parti de la province de Song Be et fait de celle-ci une province attractive économiquement qui amène à de nouveaux investissements étrangers. Le 27 juin 2006, il est élu par l’Assemblée nationale Président de la République socialiste du Vietnam. Cette détermination à transformer son pays en une zone économique de premier plan participe  aussi, ce que nous allons voir par la suite, à une vision nouvelle de la politique étrangère vietnamienne.

Depuis son arrivée au pouvoir, le Vietnam n’a eu de cesse d’échanger avec ses voisins mais aussi avec d’autres puissances étrangères.

Cette volonté d’ouverture de l’économie affecte un petit peu la politique interne du pays qui accepte tout doucement des changements dans sa gestion interne mais pas dans de grandes proportions. Avec les nouvelles adhésions supranationales du Vietnam (ASEAN en 1995, 0MC en 2006), le régime a dû accepter des compromis notamment en matière de droits de l’homme.  C’est ainsi qu’en 2010, tandis que le Vietnam est président de l’ASEAN, il accepte de signer certains textes concernant le respect de droits de l’homme jugés par la  communauté internationale comme fondamentaux.

Je comprends pas cette phrase : Cette nouvelle politique rappelle à juste titre, le mouvement d’un pays, deux systèmes non formulé mais pourtant appliqué par Deng Xiaoping à partir des années 80 en Chine.

Ce qui est le plus frappant au Vietnam, c’est l’incroyable permanence d’un système politique devenu inadapté et qui n’a jamais autant été critiqué. La répression est une réalité de tous les instants au Vietnam. De nombreuses personnes jugées non conformes avec les idées du Parti sont chaque année privées de leurs droits civiques et /ou emprisonnées.  La situation des droits de l’homme est donc très préoccupante. Elle concerne surtout les dissidents politiques et les religieux mais ce sont des faits jugés mineurs par la communauté internationale qui accepte néanmoins d’échanger avec le Vietnam tant celui-ci est une zone attractive aux yeux des entrepreneurs étrangers.

Enfin le gouvernement vietnamien a encore de nombreux défis d’ordre sociaux à relever. En effet l’extraordinaire croissance démographique du pays est un gros problème qui inquiète les autorités. La population est de plus en plus jeune, formée et cherche à accéder au marché du travail mais la demande est telle qu’elle n’est pas assouvie. De plus, on observe de nombreuses inégalités entre habitants des villes et des campagnes (la croissance bénéficiant surtout aux citadins). Il faut donc que de nombreuses mesures économiques et sociales soient prises afin de palier à ces inégalités. La société vietnamienne est en pleine mutation. Elle connait une évolution des mœurs sans précédent mais aussi et surtout un recul des solidarités traditionnelles. Cette urgence d’une prise en compte au niveau politique de ces bouleversements a cependant bien été accusée par le gouvernement qui a lancé fin 2009 un Plan de soutien à la croissance économique du pays.  Ces thèmes  ont d’ailleurs été abordés à l’occasion de la XIe rencontre du Parti Communiste vietnamien qui a eu lieu en janvier 2011. Selon l’Agence vietnamienne d’informations (AVI), à l’occasion de ce XI e Congrès, le PCV s’est dit prêt à accepter l’élargissement de ses relations avec les partis communistes et ouvriers, les partis de gauche mais également avec d’autres partis politiques comme les mouvements indépendantistes nationaux, révolutionnaires et progressistes, ce pour « l’amitié, la coopération et le développement des nations ». Reste à savoir si les paroles seront suivies de mises en application.

 

Politique étrangère

 

En matière de politique extérieure, c’est récemment que le Vietnam (sous l’impulsion du Doï moï) a cherché à développer ses relations avec des nations étrangères, relations qui ne cessent à présent de se diversifier et de s’intensifier. Il est indéniable de dire que la politique étrangère se forme en regard de la situation économique du pays. Nguyen Minh Triet, le président depuis 2006 a semble t-il provoqué la formation d’une nouvelle diplomatie étrangère vietnamienne. Une diplomatie éloignée des logiques de guerre. Désormais le Vietnam n’est plus évoqué dans la presse internationale pour des raisons de faits de guerre et se hisse à présent parmi les puissances montantes de l’Asie. Cette économie vietnamienne de plus en plus florissante a entrainé la naissance d’une politique étrangère qui suivrait deux axes. Le Vietnam en effet mène une politique étrangère avec ses voisins proches (Chine, Laos, Cambodge…) et l’autre plus internationale qui sort du cadre régional de l’Asie du Sud-Est.

La politique régionale : le rapprochement diplomatique avec la Chine

En ce qui concerne la politique régionale du Vietnam, on peut dire que celle-ci a changé du tout au tout depuis le milieu des années 80. Les ennemis d’hier sont devenus les partenaires d’aujourd’hui. L’exemple le plus frappant s’observe par le biais du rapprochement entre le Vietnam et la Chine. Tandis que les troupes chinoises avaient tenté de pénétrer le Vietnam en 1980, les troupes vietnamiennes avaient violemment répondu, ce qui donna lieu à une « guerre éclair » très violente. Mais le fond d’économie croissante a dissipé ou plutôt rendu floues les tensions entre les deux pays et l’heure est à l’entente cordiale, bien qu’il subsiste un très lourd contentieux en matière de souveraineté en mer de Chine méridionale (le cas des îles Spratley et Paracels) qui limite quelque peu les perspectives d’un plus grand rapprochement. Pour le cas du Cambodge, les données sont différentes. Le Vietnam était entré en guerre contre le Cambodge afin de destituer Pol pot de son pouvoir. Les troupes vietnamiennes avaient d’ailleurs envahi, occupé le Cambodge et finalement mis fin au génocide Khmer.  A cette occasion, le Vietnam s’était isolé diplomatiquement. Mais depuis maintenant vingt ans, les relations entre les deux pays sont correctes bien que le Vietnam en souvenir de la délivrance du pays de Pol joue les dominateurs, dépassant par sa taille, son nombre d’habitants et son économie le Cambodge. Les tensions entre Hanoï et Phnom Penh se sont dissipées. Mais c’est surtout dans le sud du Vietnam que l’on peut voir la résurgence de certains contentieux entre les deux peuples car le Sud présente une très grande communauté khmère encore mal acceptée par les Vietnamiens. Enfin,  le Laos et le Vietnam maintiennent des relations étroites. Les deux pays ayant signés en 1977 « un traité spécial d’amitié et de coopération » qu’ils respectent toujours.

En outre, le Vietnam depuis le début des années 1990 s’est lancé dans plusieurs programmes de partenariats et d’échanges politico-économiques visant à encourager son intégration régionale. Ainsi, il a rejoint l’ASEAN en 1995 dont il assuré la présidence en 2010. Il est aussi membre de l’APEC. Le Vietnam a donc à cœur de s’entendre si ce n’est politiquement au moins économiquement avec ses voisins, encourageant l’émergence d’une zone de libre-échanges asiatique inspiré du modèle européen.

Le Vietnam et les puissances étrangères occidentales

La puissance étrangère qui intensifie le plus ses relations avec le Vietnam, de façon assez inattendue, sont les Etats-Unis. Les relations depuis 1975 (chute de Saïgon) se sont normalisées et sont entretenues. La vraie reprise diplomatique a eu lieu en 1995. Depuis deux Présidents américains se sont rendus en visite officielle à Hanoï (Bill Clinton en 2000 et Georges Bush en 2006).  De la même façon, le Président Nguyen Minh Triet a été invité à Washington en juin 2007, suivi du Premier ministre Nguyen Tan Dung en juin 2008. Les deux pays ont signé un accord de partenariat commercial en 2001. Les Etats-Unis sont dès lors devenus le premier client du Vietnam et ils sont à présent les troisièmes investisseurs en matière de flux. Néanmoins, malgré cet enchainement de visites officielles et ces partenariats pour le moins fructueux, certains contentieux demeurent, hérités de la guerre qui ravagea pendant près de dix ans chacun des deux camps. C’est notamment le cas de la question de l’utilisation de « l’agent orange » par l’armée américaine durant le conflit. Utilisation toujours non reconnue par le gouvernement américain qui n’a donc pas indemnisé les victimes, pourtant en grand nombres encore aujourd’hui.

Ce genre de contentieux n’existe pas cependant entre la Russie (l’autre grande puissance étrangère) et le Vietnam. Les deux pays ont gardé de l’ère soviétique une sorte de « fraternité » politique qui désormais s’étend à l’économie. Les deux pays entretiennent de très bonnes relations et échangent commercialement de plus en plus. Ils sont partenaires privilégiés en matière de gaz et de pétrole notamment.

Enfin la dernière grande puissance qui renoue depuis peu diplomatiquement avec le Vietnam, c’est la France. En effet, la France s’intéresse de plus en plus à ce pays asiatique qui se hisse au rang de nouvelle puissance industrielle. C’est notamment le pourquoi de la venue du premier ministre François Fillon en novembre 2009.  A cette occasion, il a rappelé dans son discours de clôture du Forum des entrepreneurs français, l’importance de faire du Vietnam un partenaire commercial de choix pour la France : « Par cette visite, je veux dire à quel point la France est attentive à ce « nouveau Vietnam », à « ce Vietnam nouveau » qui est en train de devenir pour nous, pour l’Asie, pour les pays du monde, un partenaire capital » et de préciser ensuite que « La France ne profite pas assez des opportunités offertes par la croissance vietnamienne ». La France a donc analysé cette croissance économique fulgurante et profitable du Vietnam dont elle voudrait bénéficier en ces temps de crises économiques et structurelles qui la secouent.

Le paysage diplomatique vietnamien est donc depuis une quinzaine d’année riche et complexe et  ne cesse de s’étendre. Le Vietnam entend affirmer sa position de nouvelle puissance régionale et de nouveau partenaire commercial de manière plus globale. Cette volonté a d’ailleurs été reconnue puisqu’en 2006, le Vietnam adhérait à l’OMC et obtenait en 2008 pour la première fois, le droit de siéger au Conseil de Sécurité des Nations unies. Par ce biais, le Vietnam poursuit sa politique d’ouverture à l’international, formant des partenariats inédits avec l’Afrique, l’Amérique du Sud ou le Moyen-Orient.

Des réformes économiques et de nouveaux partenariats commerciaux

Le pays connait depuis plus de vingt années des bouleversements économiques et sociaux sans précédent. Cela est dû aux réformes que le gouvernement a lancées afin de favoriser l’accession du pays le plus rapidement possible à une économie de marché, comme l’avait annoncé le PC vietnamien au moment du lancement de la politique de Doï moï en 1986.  En 1986, l’économie planifiée était au bord de l’effondrement. Le pays devait faire face aux dégâts causés par trente années de guerre et subir les affres de l’embargo américain. Le PC avec l’initiative du Doï moï permit l’ouverture du pays à la mondialisation et à l’initiative privée.

Grâce à cela et au travail des vietnamiens, le pays est en voie de rattraper son retard économique en très peu de temps. Il faut dire que le pays a rondement mené sa croissance économique car il a su rester prudent tout en présentant de l’audace et de l’initiative. Au niveau des finances publiques, l’Etat vietnamien a tenté de les renflouer en acceptant de « décollectiviser » de nombreux domaines comme l’agriculture, l’artisanat, le commerce, le bâtiment ou les transports routiers. De plus, il s’est montré très vigilant dans la gestion de l’ouverture du pays à l’économie de marché. Le Vietnam a règlementé de nombreux éléments : imposant des licences d’importations et des agréments pour les IDE, refusant la convertibilité du Dong, négociant un contrôle des taux de change et menant un abaissement très faible des tarifs douaniers. Enfin, le gouvernement mène de front une lutte contre l’inflation, le déficit budgétaire et l’endettement. Ainsi selon les rapports de la Banque mondiale, le Vietnam a lutté efficacement pour éradiquer sa pauvreté (elle ne concernerait que 14% de sa population, données de 2008).

Le grand évènement récent en politique du Vietnam : la XIe rencontre du Parti communiste vietnamien à Hanoï en janvier 2011.

Objectifs du forum

Comme le veut la constitution vietnamienne, a lieu tous les quatre ans la rencontre du Part communiste vietnamien à Hanoï. C’est assez effrayant de voir combien les journalistes internationaux se sont peu intéressés à cet évènement pourtant important puisqu’il s’agit de voir quelles sont les grandes orientations politiques, sociales et budgétaires tant au niveau national qu’au niveau international prises par le régime. Ce fut notamment l’occasion de voir le bon fonctionnement pourtant paradoxal du pays entre les mains d’un Parti unique mais qui possède une économie de marché.  Paradoxe qui devrait intéresser un peu plus les Occidentaux qui se laissent malheureusement rebouter par ce pays dont ils ne perçoivent qu’une seule vision : celle d’un régime communiste autoritaire immanent hérité de l’ère soviétique. Si cette image du Vietnam peine à changer dans l’imaginaire collectif, le Vietnam lui n’attend pas pour se transformer.

Focus

Si la XIe rencontre du Parti communiste n’a pas abouti à de grandes surprises qui laisseraient entrevoir de possibles réformes structurelles, certains objectifs sont à retenir. En effet, le Vietnam a subi lui aussi la crise économique qui sévit dans le monde depuis plusieurs mois maintenant mais dans une moindre mesure. Il est donc tenu de se concentrer sur cet évènement financier mondial sans précédent. C’est pourquoi le gouvernement ne peut que voter des textes et émettre des mesures qui visent à faire fructifier mais surtout à solidifier l’économie nationale puisque personne n’est en mesure de spéculer sur la situation économique internationale. Le Parti s’est donc réuni et a voté pour l’application de plusieurs textes d’ordre économique (s’engager à multiplier par 2 ,2 le PIB, poursuivre sur la voie de l’économie de marché, améliorer le fonctionnement du Parti) mais aussi et surtout des textes d’ordre social (améliorer la protection sociale, la gestion du secteur public, se préoccuper des questions environnementales, lutter contre la corruption…). Pas de grands changements au sein du fonctionnement du Parti mais quelques réajustements sur ses préoccupations et objectifs. Une tendance qui irait vers le mieux cependant…

 

Perspectives

Une économie stable et toujours en croissance malgré la crise financière mondiale

Le Vietnam est l’un des seuls pays qui malgré la violente crise financière mondiale a enregistré des records de croissances. Bien que touché et encore bien plus tardivement que les autres, il est resté dans un mouvement de croissance. C’est donc l’un des pays les plus « fiables » économiquement en matière d’investissements directs à l’étranger, ce qui n’échappe pas à la plupart des grandes puissances qui cherchent à gagner dans tous les pays et domaines où elles le peuvent afin de réajuster tant bien que mal leur balance des paiements. C’est donc un atout de taille qui fait du Vietnam un partenaire privilégié pour toute puissance en déficit et un lieu idéal d’investissements pour toutes entreprises désireuses de se tourner intelligemment vers le marché international. Le Vietnam bénéficie en effet de l’effet de « croissance asiatique » qui ne cesse d’intéresser les Américains et les Européens dont les croissances n’augmentent pas, quand elles ne sont pas déficitaires.

Relations internationales

En matière de politique internationale, le Vietnam ne s’illustre dans aucune prise de décisions ou émission d’avis qui concerneraient des pays jugés « instables » politiquement, les débats de politique internationale (la politique d’Israël, la question du terrorisme…). Ainsi aucune remarque n’a été faite dans la presse vietnamienne officielle concernant les évènements qui ont agité certains pays du monde arabe (la révolution de Jasmin, la chute de Hosni (non ?) Mubbarak, les récents discours de Kadhafi…). Cependant le Vietnam est apparu sur la scène diplomatique française et américaine (visible dans les rapports de chacune des ambassades concernées) sur la question du nucléaire. En effet, depuis peu de temps, le Vietnam se penche sur la technologie nucléaire. C’est pourquoi les grandes puissances choisissent de regarder de près du côté de ce projet afin que soit respectés les accords internationaux concernant le nucléaire civil ainsi que sur les questions d’armements. Le Vietnam comme prochain pays détenteur de la bombe nucléaire, une utopie pas si irréaliste que ça apparemment…

Etendre le processus de « décollectivisation » et garantir la stabilité de la monnaie

Lors du dernier grand Congrès du Parti communiste a été décidée, nous l’avons vu, la poursuite du processus d’ouverture du pays à l’économie de marché. Dans de nombreux domaines s’est opéré un phénomène de « décollectivisation » visant à adopter logique et structure du privé. Pour la première fois, lors de ce même Congrès, l’audience a été autorisée aux Chefs et entrepreneurs privés, modifiant ainsi l’article 1 des statuts de la Constitution. Une goutte d’eau dans l’Océan pas tant que ça ! C’est par petits ajustements que le Parti va inexorablement devoir se réformer, changer et accepter peut-être de ne plus être. Il est clair que l’on est encore loin du mouvement de révolutions qui agite une partie du monde Arabe.

Enfin, le Vietnam malgré une croissance miracle connait encore de nombreux problèmes en matière monétaire n’arrivant pas à obtenir une monnaie forte et stable, celle-ci étant encore trop dépendante des taux de change et des risques inhérents aux marchés financiers internationaux. Pour cela, le gouvernement continue cependant de prendre des mesures mais de nombreux problèmes subsistent : en 2010 la balance des paiements était encore déficitaire et l’inflation s’élevait à 13%. Cependant c’est l’optimisme qui l’emporte puisque la croissance continue de monter (6,5% en 2010, 7% en 2011). Optimisme encouragé par le gouvernement qui annonçait en janvier 2011 à l’occasion du XI Congrès du Parti communiste, la relance officielle de l’économie vietnamienne malgré le climat d’incertitudes liées à la crise mondiale.

 

Le Vietnam est donc dans un processus de modernisation et de croissance économique sans précédent, cependant peu de changements ne semblent intervenir en matière sociale. Les droits de l’homme sont régulièrement bafoués, les dissidents emprisonnés, les manifestations réprimés. Alors que le monde Arabe s’est révolté, quand pourrons nous espérer un « Printemps vietnamien » ?

 

Pour en savoir plus :

Sites :

Voir la fiche-pays faite par Ubifrance, www.ubifrance.fr

Voir le site du FMI : www.imf.org

Bibliographie :

Sur l’histoire et la politique du Vietnam :

Philippe Papin, Le Vietnam.Parcours d’une nation, La documentation française, 1999

Philippe Papin et Laurent Passicounet, Vivre avec les Vietnamiens, Editions de l’Archipel, 2010

Hiên Do Benoit, Le Viêt Nam, Le Cavalier bleu, 2011

Philippe Delalande, Vietnam, dragon en puissance, L’Harmattan, 2007

Hugues Tertrais, L’Asie du Sud Est, Folio, 2002

 

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